Odyssée

– L’Origine   – 

Vu qu’il faisait super chaud près du canal
Et partout
On a tourné à droite
Vers République.
Et comme on s’en faisait pas,
Ou au moins pas beaucoup
On marchait pénard avec mon pote
Tout le monde nous parlait puisqu’on avait peur de personne
Il a dit “Je roule un pète”
J’ai dit “Ok, à la statue”
Et des gamins prenaient des gamelles comme des monuments,
En skate vous savez. Habillé chic, ou zonard, skatteur de l’ancienne époque,
Ou new style cool classe. Mais une gamelle est une gamelle,
Et ils savent bien ça!

Je lui raconte 
“mon coloc a vu un gars escalader la statue quand elle était belle et pleine de tags, les gens lui gueulaient de descendre
Mais il devait se dire ‘qu’est ce que je m’en branle’
Il devait kiffer.
Mon coloc a fait un tour, c’était peut être la techno parade
Il est repassé pour rentrer, il avait sûrement la fin d’une canette un peu chaude
avec des minuscules bulles dégueulasses, une 16-64. 
Le gars était mort, car il était tombé…”
On a pas trop su quoi penser de cette histoire. 
Alors on a rien dit et on a pensé à autre chose,
Jusqu’à fumer tranquille.

Il faisait chaud, très chaud.

– Le Grand Large   – 

Mais on s’est dit ‘marchons ça nous fera du bien’
Il était environ 17h30, car on s’arrangeait toujours pour finir tôt
Un mélange d’obstination et de talent, se disait-on avec un p’tit sourire de fils de pute
Entre potes.

Dans les petites rues claires des beaux quartiers
Plonge dans l’expo étonnante, à travers la vitre géante
Ou allume une clope en achetant des fraises
Ou ne fais rien de tout ça, mais c’est bon d’y penser!

On marche dans Paris mais
On se faufile dans la nouvelle galaxie
Parallèle, belle et juste à côté
On peut se poser sur un banc ou marcher jusqu’à Bercy
Vous ne pouvez pas nous voir, puisqu’on est des nuages
On suit le vent des rues, c’est le nouveau voyage.

– Cette connasse de nymphe borgne    –

On coupe par les rues calmes
Elle sort devant moi, d’une grande porte
D’un grand et bel immeuble
Je ne pense plus qu’à lui parler
Mon ventre à côté du sien
Et ma main de la sienne
Elle file avec élégance
Sans en rajouter.
Je la vois car elle aussi est un nuage
Elle se retourne vers moi en traversant
Je suis sûre maintenant qu’elle est si spéciale.
Je la suis, elle coupe par le square
J’aime marcher derrière ses pas
Loin et près,
Pensant à autre chose, ou à ce que je lui dirai.
Un gros patron de bar, riche et un peu bof
Lui matte le cul
Un peu avant Rambuteau.

Elle allume une clope
Mon cœur est suspendu
Quand on arrive dans le Marais
Je me pose à côté de mon pote, sur les quais
Elle doit être juste à 15 mètres de nous
Et quand elle croise ses pieds
C’est mon souffle qui est suspendu.
Des péniches chargés de touristes passent
Et certains font un coucou.
Mon pote sort une canette du sac.

Quand il part pisser
Je suis prête à aller lui parler
Mais! Mais me voilà en fait sur une péniche qui passe!
Et je ne fais pas coucou, car
La putain de sa mère, j’ai son œil dans ma main!
Et elle gueule contre moi des insultes égyptiennes!
J’y comprends rien..

Je suis sur cette putain de péniche
Et qui garde les sacs, et la bière!?
J’ai envie de lui dire d’arrêter de gueuler
Et Qu’on se connait pas après tout
Mais j’ai son œil..
Je descends de ce ponton
De merde.
Je tombe sur la salle intérieure
Cette péniche de malheur n’en finit plus
d’Avancer le long des Bâtiments qui ne finissent plus 
de défiler.
Face à l’absurdité de la situation
Et ne me résignant pas aux pleurnicheries,
Je bougeais vers le bar.

Je me cale sur le faux zinc du faux comptoir.
Mais c’est là mon pote qui vient de commander nos pintes fraîches.
Il me dit qu’on aura juste le temps de les finir avant qu’il descende de la péniche à Saint Michel
Il a pas l’air d’être inquiet qu’on soit sur une péniche
Je lui souris en soufflant.
On trinque!

Si on vise bien
On aura juste le temps de finir avant Saint Michel!

Et l’œil?
Tant pis pour l’œil.

– Coincée au vieux port     –

Si cet instant a duré 6 mois ou
La fin de ma cigarette
Taxée
Qui le saurait
Je suis attirée
Par partout où elle était.
Mais je n’arrive qu’à
Être dissipée.
Et sûrement que
C’est pas des diamants,
C’est pas une mine d’or.
Elle a eu des amants,
Elle dit qu’elle en aura encore.

Et mon coeur se réveille chaque seconde
Attaché au vieux port. 

Je danse en apprenant à connaître
La sublime malédiction
Je danse en retenant
Mes intentions
Ne t’inquiète pas pour
Le disque qui tourne,
Et tournera jusqu’à la fin de cette journée.
Tu l’entends maintenant,
Comme je l’ai entendu
Quand on me l’a montrée.
Et ici demain, il tournera encore.

Mon coeur dit finalement 
au revoir au vieux port.

– Fuck     –

Tac tac tac je traverse
Tac tac je tire le cash
Je fonce, je trace
J’ai
Des clopes
J’ai 
la fin de mes eaux à boire.

Mes pieds s’appuient sur l’air
Suivant le rythme insolent de mes artères.

Je rentre dans un bar où il y a du monde,
Et mes potes brillent comme la Lune, ne cherchent pas de sens.

J’ai hâte de
Traverser le son
De zig
Zaguer.

J’ai hâte de sauter dans l’eau tiède
La matière noire
Et ainsi Les Retrouver
Les câlins de la vraie joie
À laquelle on arrive pas bien des fois.

Ma tête va d’avant en arrière
Suivant le rythme insolent de mes artères.

On me dit on va ailleurs
On y part, on y va
On est dans un torrent
Et enfin nous voilà
Le ryThme des Tambours a déjà commencé
Dans un grand cercle sucré
Oh ouais allez
Un Grand Cercle Explosé
De nos rêves à nos pieds!
Et on tourne et on tourne
En ne faisant rien de plus que 
de savourer nos corps
Tout en haut du haut
Et Assis par terre

Les rêves de Cuba, d’une Vie Entière,
Suivant le rythme insolent de nos artères.

On adore se mettre au pied du mur
Des heures plus tard
On me dit “tu descends là”
Les couleurs sont pastel mais je suis fatiguée
Le nouveau jour est super beau
Je peux le regarder.
Je rentre d’un long voyage d’îles en îles
Même si c’est inutile
Je rentre en longeant le caniveau
Je souris mais je rentre me coucher.

Mai 2017 rue paul albert
|Extrait de ChroN.I.Q.U.E.S d’enfants sages!

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